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Comptabilité privée — des archives marchandes de Mésopotamie aux sociétés commerciales OHADA
D'Ama-e, femme d'affaires sumérienne (~2330 av. J.-C.), à la Royal African Company et au droit OHADA des sociétés — une histoire de la comptabilité qui n'est jamais neutre, et sert toujours les intérêts de celui qui la tient.
Publié le 20 août 2026
Introduction
La comptabilité publique répond au pouvoir ; la comptabilité privée répond au risque. Elle naît partout où un individu engage ses biens dans une opération dont l'issue est incertaine — un prêt, une cargaison, une association commerciale — et a besoin d'un moyen de prouver, plus tard, ce qui a été convenu.
La plus ancienne trace individuelle de ce type d'activité que les sources archéologiques permettent de documenter avec un nom propre est celle d'Ama-e, une femme d'affaires sumérienne dont les opérations commerciales sont consignées dans l'archive familiale dite « Ur-Sara » (du nom de son mari, Ur-Šara), à Umma, cité sumérienne aujourd'hui identifiée au site de Tell Jokha, dans le sud de l'actuel Irak, datée d'environ 2330 avant notre ère — soit près de trente-cinq siècles avant la codification vénitienne de la partie double. Un peu plus tard, vers 1750 avant notre ère, un autre document mésopotamien nommé, celui-là devenu célèbre bien au-delà des cercles spécialistes, atteste du même besoin : la tablette dans laquelle un client du nom de Nanni se plaint auprès du marchand Ea-nasir de la mauvaise qualité d'une cargaison de cuivre livrée à Ur — le plus ancien litige commercial écrit identifié à ce jour.
Ce document retrace, entre ces deux tablettes mésopotamiennes et les sociétés commerciales régies aujourd'hui par le droit OHADA, la ligne chronologique de la comptabilité privée : les archives marchandes assyriennes de Kanesh, les livres de comptes du marchand toscan Francesco Datini (1335-1410), les réseaux commerciaux ouest-africains wangara organisés dès le IXe siècle, puis, plus sombre, l'usage de la comptabilité d'entreprise par les compagnies coloniales à charte pour organiser la traite négrière — un chapitre que ce document n'élude pas, en le traitant avec la rigueur documentaire qu'il impose.
I. Aux origines : l'Antiquité, les premiers comptes de marchands
1.1 Ama-e (vers 2330 av. J.-C.) : une femme d'affaires sumérienne dans les archives familiales d'Umma
Ama-e est identifiée par les sources assyriologiques comme l'une des toutes premières femmes d'affaires individuelles documentées par un volume significatif d'archives : ses transactions commerciales figurent dans l'archive familiale dite « Ur-Sara » (du nom de son mari), datée d'environ 2330 avant notre ère, à Umma, cité de Mésopotamie méridionale — aujourd'hui le site de Tell Jokha, dans la province de Dhi Qar, en Irak (la même province que l'antique Ur, dont Umma est une cité distincte). Ce cas illustre un point souvent négligé du récit standard de l'histoire de la comptabilité : les femmes apparaissent, dès l'Antiquité mésopotamienne, comme titulaires nommées de comptes privés, et non uniquement comme sujets passifs d'une comptabilité tenue par des hommes.
1.2 Ea-nasir (vers 1750 av. J.-C.) : la plus ancienne réclamation commerciale écrite connue
Environ six siècles plus tard, une tablette d'argile conservée aujourd'hui au British Museum enregistre la plainte d'un dénommé Nanni contre le marchand Ea-nasir, accusé d'avoir livré du cuivre de mauvaise qualité, à Ur, vers 1750 avant notre ère. Ce document est aujourd'hui considéré par les spécialistes comme la plus ancienne réclamation commerciale écrite connue — la preuve qu'un contrat privé suppose, dès cette époque, un recours possible en cas de non-exécution, fonction que la comptabilité et l'écrit juridique privé continueront de remplir jusqu'à aujourd'hui.
1.3 Kanesh (2000-1750 av. J.-C.) : des archives privées de marchands assyriens conservées par un incendie
À Kanesh, comptoir commercial assyrien situé dans l'actuelle Turquie, des marchands privés conservaient dans leurs propres maisons des tablettes d'argile consignant lettres commerciales, contrats, registres d'expédition et documents comptables, sur la période 2000-1750 avant notre ère. Un incendie qui a détruit ces habitations a paradoxalement permis la conservation de ces archives en les cuisant — offrant aux chercheurs l'un des corpus les plus complets de comptabilité privée de marchands de l'Âge du bronze.
II. Le Moyen Âge : marchands italiens et négociants ouest-africains
2.1 Francesco di Marco Datini (1335-1410) : le « marchand de Prato » et ses documents
Francesco di Marco Datini, marchand et banquier né à Prato en 1335 et mort en 1410, a légué à sa ville natale l'un des fonds d'archives privées les plus considérables de l'histoire économique médiévale : plus de 1 100 registres comptables et environ 132 000 lettres commerciales, redécouverts en 1870. Entre 1383 et 1395, Datini ouvre des maisons de négoce et de banque à Pise, Florence, Prato, Gênes, Barcelone, Valence et Majorque. Les chercheurs qui ont étudié ce fonds établissent qu'à partir de 1390, la partie double est effectivement appliquée dans la plupart des succursales Datini à l'étranger comme au siège florentin — soit plus d'un siècle avant la publication de la Summa de Pacioli (1494), confirmant, par ce cas précis et daté, que la codification de 1494 formalisait une pratique marchande déjà installée.
2.2 Florence, Gênes : deux manières de tenir ses comptes privés
Les sources comparant les grandes places marchandes italiennes relèvent une différence significative de méthode : à Gênes, la tenue des comptes reste longtemps confiée à des notaires rédigeant en latin, tandis qu'à Florence, le document comptable lui-même en vient à remplacer l'acte notarié comme preuve juridique des transactions d'échange — un tournant qui annonce la place centrale que prendra, dans le droit commercial moderne, le registre comptable comme preuve à part entière.
2.3 Les marchands wangara/dyula (à partir du IXe siècle) : une classe commerçante ouest-africaine organisée
En Afrique de l'Ouest, une classe marchande musulmane soninké connue sous le nom de wangara (ou dyula) organise, à partir du IXe siècle, la prospection, l'extraction, la collecte et le transport de l'or entre les régions aurifères situées entre le haut Niger et le fleuve Sénégal et les routes transsahariennes menant vers le nord. Le royaume du Ghana ancien contrôle dès cette période les gisements aurifères du Wangara, échangés contre le sel et les tissus nord-africains. Un fait documenté mérite d'être signalé pour sa singularité : une partie de ce commerce s'organisait selon un système de « troc silencieux », où acheteurs et vendeurs négociaient sans jamais se rencontrer physiquement, déposant marchandises et paiements à tour de rôle en un lieu convenu — un mécanisme de confiance commerciale qui reposait sur la réputation et la répétition plutôt que sur un contrat écrit individualisé, contrairement au modèle mésopotamien ou florentin. Les documents disponibles ne permettent pas, en l'état de cette recherche, d'identifier un nom de marchand wangara individuel comparable à Ama-e, Ea-nasir ou Datini — une lacune documentaire qu'il convient de signaler plutôt que de combler par supposition, et qui tient largement à la nature orale et à la conservation plus fragile des archives commerciales ouest-africaines anciennes comparée aux tablettes d'argile mésopotamiennes ou aux fonds notariés italiens.
III. L'époque contemporaine : compagnies à charte, comptabilité coloniale et sociétés OHADA
3.1 La Royal African Company (fondée en 1672) : la comptabilité d'entreprise mise au service de la traite
En 1672, le roi Charles II d'Angleterre accorde une charte royale à la Royal African Company, qui succède à une première compagnie, la Company of Royal Adventurers Trading into Africa, active dès 1660-1662. L'objet principal de ces deux compagnies successives est la capture et le transport d'Africains réduits en esclavage vers les colonies anglaises d'Amérique. Sur les seuls navires appartenant à la Royal African Company entre 1672 et 1731 (653 traversées répertoriées), environ 187 700 personnes sont transportées, dont environ 38 500 meurent durant la traversée ; en intégrant la période antérieure de sa devancière à partir de 1662, le total cumulé atteint environ 212 000 personnes transportées et 44 000 décès. Ses archives, aujourd'hui conservées aux Archives nationales britanniques (série T70), constituent l'une des comptabilités d'entreprise privée les plus documentées du XVIIe-XVIIIe siècle — une comptabilité qui enregistrait des êtres humains comme une catégorie de marchandise.
3.2 Un champ de recherche à part : la comptabilité comme instrument de déshumanisation
Ce fait a donné naissance à un champ de recherche spécifique en histoire critique de la comptabilité, porté notamment par Richard Fleischman, David Oldroyd et Thomas Tyson, dont les travaux — en particulier leur article de 2008 sur la responsabilité des pratiques comptables dans la promotion de l'esclavage dans l'Empire britannique et le Sud des États-Unis — établissent, à partir des registres de plantations eux-mêmes, que la comptabilité a activement participé à la marchandisation, à l'objectivation et à la déshumanisation d'êtres humains réduits en esclavage. Ces chercheurs documentent également des cas de falsification délibérée des registres : dans l'industrie de la térébenthine de Caroline du Nord, des contremaîtres consignaient des chiffres de production identiques du lundi au samedi pour chaque personne asservie, alors que le travail ne s'effectuait que du lundi au vendredi — preuve que même les documents comptables présentés comme factuels doivent être lus avec un regard critique sur les intérêts de ceux qui les tenaient. Des travaux plus récents, notamment ceux de Stevenson-Clarke et Bowden (2023), élargissent cette analyse à une perspective multicontinentale de la comptabilité de la traite.
3.3 Les sociétés commerciales de l'espace OHADA (2000-2017) : refonder un droit privé africain des affaires
Après les indépendances, le droit des sociétés commerciales de l'espace OHADA vient encadrer, aux côtés du référentiel comptable SYSCOHADA déjà présenté (acte fondateur du 24 mars 2000, révisé en 2017), la vie juridique des entreprises privées : constitution, fonctionnement et dissolution des sociétés en nom collectif, sociétés à responsabilité limitée, sociétés anonymes et autres formes commerciales reconnues dans les dix-sept États membres de l'OHADA. L'objectif affiché de ce droit uniforme est de garantir aux investisseurs, africains comme étrangers, une sécurité juridique et judiciaire commune à l'ensemble de cet espace — succédant, pour la sphère privée, à la fragmentation héritée des droits commerciaux coloniaux distincts.
IV. Enjeux, courants de pensée et futurs possibles
4.1 La comptabilité privée est-elle réellement neutre ? Deux lectures
Le courant fonctionnaliste classique présente la comptabilité privée comme un simple outil de mesure économique au service de la bonne gestion de l'entreprise. Le cas documenté de la Royal African Company impose de nuancer fortement cette lecture : un même outil technique — le registre à colonnes, l'inventaire, le calcul de profit — a servi aussi bien à gérer une maison de négoce toscane qu'à administrer un système de traite d'êtres humains. Le constat que la recherche critique en tire n'est pas que la comptabilité serait intrinsèquement mauvaise, mais qu'elle n'est jamais neutre : elle sert les objectifs de celui qui la tient.
4.2 Informalité et invisibilité : la majorité des entreprises africaines hors des comptes normalisés
Un enjeu contemporain spécifique à l'Afrique mérite d'être signalé : une part importante de l'activité économique privée du continent continue de fonctionner en dehors de toute comptabilité normalisée — micro-entreprises, commerce informel, activités rurales — échappant de ce fait aussi bien à la fiscalité qu'aux statistiques économiques officielles. Le droit et le référentiel comptable OHADA, conçus d'abord pour les sociétés formalisées, peinent encore à intégrer cette réalité économique majoritaire dans plusieurs pays du continent.
4.3 Futurs possibles : digitalisation des PME, comptabilité mobile, formalisation progressive
Plusieurs évolutions sont documentées ou en discussion, sans certitude sur leur portée finale : la multiplication de solutions de comptabilité digitale adaptées au référentiel SYSCOHADA pour les petites entreprises ; l'utilisation des données de mobile money comme point d'entrée vers une comptabilité formalisée pour des acteurs jusqu'ici informels ; et un débat, encore ouvert dans la littérature consultée, sur la meilleure façon d'inciter à la formalisation sans faire peser sur les plus petits acteurs économiques un coût de conformité disproportionné.
V. Synthèse — méthode Sankofa
L'image à retenir : le cahier du marchand, entre confiance et preuve.
Imaginez un marchand qui prête une marchandise à un client absent. Sans rien noter, il doit se fier à la mémoire et à la bonne foi. En notant la transaction dans un cahier, il transforme une promesse fragile en preuve durable, consultable même après sa mort. C'est exactement ce que fait Ama-e à Ur il y a plus de quatre mille ans, ce que réclame Nanni à Ea-nasir pour son cuivre défectueux, ce que Datini organise à l'échelle de sept villes européennes, ce que les marchands wangara remplacent par la réputation et le rituel du troc silencieux faute d'écrit individualisé, et ce que le droit OHADA tente aujourd'hui de garantir à l'échelle de tout un continent.
Mais ce même cahier, aux mains de la Royal African Company, a servi à consigner des êtres humains comme des marchandises. Le cahier ne juge pas ce qu'il enregistre : il rend simplement visible, mesurable et transférable ce qu'on y inscrit. La leçon à retenir n'est donc pas que la comptabilité est bonne ou mauvaise, mais qu'elle amplifie toujours l'intention de celui qui tient la plume — raison pour laquelle la question de qui contrôle et qui vérifie un compte reste, à travers les millénaires, aussi importante que le compte lui-même.
Croquis conceptuel (à réaliser en illustration) : un cahier ouvert au centre, une plume au-dessus ; d'un côté, des icônes positives reliées par une flèche verte — une balance commerciale, une carte de l'Italie, un sac d'or ouest-africain — représentant l'usage du cahier pour la confiance marchande ; de l'autre côté, une icône sombre reliée par une flèche rouge — un navire — rappelant que le même outil a servi la traite négrière ; en dessous, une frise chronologique allant de 2330 av. J.-C. (Ama-e) à 2017 (réforme SYSCOHADA).
Bibliographie
Sources et documents historiques primaires ou de première main
- Archive familiale « Ur-Sara » (Ama-e, vers 2330 av. J.-C.), Ur, Mésopotamie — référence académique citée via sources d'assyriologie générale sur les femmes d'affaires sumériennes - Tablette de réclamation de Nanni à Ea-nasir (vers 1750 av. J.-C.), British Museum — présentation : Oldest.org, « Oldest Written Contracts », https://www.oldest.org/artliterature/oldest-written-contracts/ - Archives marchandes de Kanesh (2000-1750 av. J.-C.) — Archaeology Magazine, « The Mesopotamian Merchant Files », https://archaeology.org/issues/march-april-2018/digs-discoveries/trenches-kanesh-mesopotamian-trade-networks/ - Fonds d'archives Datini (Prato), redécouvert en 1870 — Fondazione Istituto Internazionale di Storia Economica F. Datini, https://www.istitutodatini.it/schede/archivio/eng/arc-dat1.htm - The National Archives (Royaume-Uni), série T70, « Company of Royal Adventurers of England Trading with Africa and successors »
Ouvrages et articles académiques
- « The Development of Italian Bookkeeping 1211-1300 », ResearchGate, https://www.researchgate.net/publication/230329044 - « Profit Calculation in a Late 14th Century Sole Proprietorship: The Case of Francesco Datini », ResearchGate, https://www.researchgate.net/publication/357137409 - Sangster, Alan, « The emergence of double entry bookkeeping », The Economic History Review, 2025, Wiley Online Library, https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/ehr.13358 - Oldroyd, David ; Fleischman, Richard ; Tyson, Thomas, « The culpability of accounting practice in promoting slavery in the British Empire and antebellum United States », Critical Perspectives on Accounting, 2008 - Fleischman, Richard, « Plantation accounting and management practices in the US and the British West Indies at the end of their slavery eras », The Economic History Review, 2011, Wiley Online Library, https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/j.1468-0289.2010.00548.x - Tyson, Thomas ; Oldroyd, David, « Accounting for slavery during the Enlightenment: Contradictions and interpretations », Accounting History, 2019, https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/1032373218759971 - Stevenson-Clarke, Peta ; Bowden, Bradley, « Accounting, slavery and the slave trade: A multi-continental perspective », Accounting History, 2023, https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/10323732231156200 - Baker, Charles Richard, « What can Thomas Jefferson's accounting records tell us about plantation management, slavery, and Enlightenment philosophy in colonial America? », Accounting History, 2019, https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/1032373218772589
Textes réglementaires et institutionnels
- OHADA, Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d'intérêt économique — présentation générale : ohada.com, « Comptabilité & Droit des sociétés commerciales de l'espace OHADA », https://www.ohada.com/uploads/actualite/5638/tables-des-matieres.pdf
Presse et ressources documentaires en ligne
- « Business in Ancient Mesopotamia: Merchant Families, Textiles and Loans », africame.factsanddetails.com, https://africame.factsanddetails.com/article/entry-1019.html - « Ama-e », Wikipedia, https://en.wikipedia.org/wiki/Ama-e - « The Trans-Saharan Salt and Gold Trade (500 BCE-1800 AD) », BlackPast.org, https://blackpast.org/global-african-history/the-trans-saharan-salt-and-gold-trade-500-bce-1800-ad/ - « West African Gold First Reaches North Africa », EBSCO Research Starters, https://www.ebsco.com/research-starters/history/west-african-gold-first-reaches-north-africa - « The Royal African Company: England's colonial commerce and the transatlantic slave trade », ourhistory.org.uk, https://www.ourhistory.org.uk/the-royal-african-company-englands-colonial-commerce-and-the-transatlantic-slave-trade/ - « Royal African Company », Wikipedia, https://en.wikipedia.org/wiki/Royal_African_Company
Bibliographie
- Archive familiale « Ur-Sara » (Ama-e, vers 2330 av. J.-C.), Ur, Mésopotamie — référence académique citée via sources d'assyriologie générale sur les femmes d'affaires sumériennes
- Tablette de réclamation de Nanni à Ea-nasir (vers 1750 av. J.-C.), British Museum — « Oldest Written Contracts » — Oldest.org
- Archives marchandes de Kanesh (2000-1750 av. J.-C.) — « The Mesopotamian Merchant Files » — Archaeology Magazine, 2018
- Fonds d'archives Datini (Prato), redécouvert en 1870 — Fondazione Istituto Internazionale di Storia Economica F. Datini
- Série T70, « Company of Royal Adventurers of England Trading with Africa and successors » — The National Archives (Royaume-Uni)
- « The Development of Italian Bookkeeping 1211-1300 » — ResearchGate
- « Profit Calculation in a Late 14th Century Sole Proprietorship: The Case of Francesco Datini » — ResearchGate
- Sangster, Alan, « The emergence of double entry bookkeeping » — The Economic History Review, 2025
- Oldroyd, David ; Fleischman, Richard ; Tyson, Thomas, « The culpability of accounting practice in promoting slavery in the British Empire and antebellum United States » — Critical Perspectives on Accounting, 2008
- Fleischman, Richard, « Plantation accounting and management practices in the US and the British West Indies at the end of their slavery eras » — The Economic History Review, 2011
- Tyson, Thomas ; Oldroyd, David, « Accounting for slavery during the Enlightenment: Contradictions and interpretations » — Accounting History, 2019
- Stevenson-Clarke, Peta ; Bowden, Bradley, « Accounting, slavery and the slave trade: A multi-continental perspective » — Accounting History, 2023
- Baker, Charles Richard, « What can Thomas Jefferson's accounting records tell us about plantation management, slavery, and Enlightenment philosophy in colonial America? » — Accounting History, 2019
- Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d'intérêt économique — « Comptabilité & Droit des sociétés commerciales de l'espace OHADA » — OHADA
- « Business in Ancient Mesopotamia: Merchant Families, Textiles and Loans » — africame.factsanddetails.com
- « Ama-e » — Wikipedia
- « The Trans-Saharan Salt and Gold Trade (500 BCE-1800 AD) » — BlackPast.org
- « West African Gold First Reaches North Africa » — EBSCO Research Starters
- « The Royal African Company: England's colonial commerce and the transatlantic slave trade » — ourhistory.org.uk
- « Royal African Company » — Wikipedia